Bonjour. Je m'appelle Remy. J'ai 32 ans depuis quelques mois. Je suis un parisien, un vrai parisien. J'ai un métier que je n'aime pas. Portier. Vous voyez ? Je reste une bonne partie de la journée, et la moitié de la nuit, devant des hôtels, des plus riches de Paris, en costume ridicule. Voir passer des gens tous les jours, tous plus bourges les uns que les autres, le regard hautain..
Comme à mon habitude, je sors de chez moi à 11h, vais chercher ma voiture dans ma rue, et roule, vers mon lieu de travail, pour la journée. L'hôtel ****. J'ai la surprise, en arrivant à la porte d'entrée de ce fameux hôtel chic, de trouver deux petites jeunes, sur le trottoir d'en face, dans des couvertures en laine. N'y prêtant pas attention, j'enfile, comme tous les matins, mon "manteau et ma casquette de portier", pour être dans les bonnes conditions de travail, comme dirait mon patron. Je m'installe donc, devant la porte d'entrée. Debout, jambes droites et mains jointes au niveau des côtes. J'observe les deux filles. Elles ont un look assez personnel. L'une d'elle est blonde, avec les yeux entourés de beaucoup de noir, une casquette blanche Américaine, un pull rayé horizontalement noir et blanc et un pantalon rayé des mêmes couleurs, verticalement. L'autre jeune est elle, habillée avec des couleurs. Elle a les yeux entourés de rouge pétant, cela est très beau. Un pantalon très serré rouge également, et un long tee shirt lui arrivant en haut des genoux, bleu électrique. Elles sont assisent en tailleur, sur le trottoir, un magasine à la main. La curiosité devenant trop importante, je décide d'aller leur demander ce qu'elles font là. Je m'approche alors d'elles...
Elles attendent un groupe. Un groupe allemand. Tokio Ho...tel. Je crois. Ils arrivent ce soir, mais elles ont tenue à être les premières sur place, après mes questions, elles m'avouent alors qu'elles ne se sentent bien que lorsqu'elles sont par terre, dans la rue, juste en face d'un hôtel, quand elles savent que ce fameux groupe a été là, est là, ou sera là. Je trouve cela très bizarre, mais ne dit rien. La journée passe doucement. Il est maintenant 17h, et de nombreuses filles, de très nombreuses filles, comme les deux de ce matin, sont arrivées, se mettant dans la même position que les deux autres, sur le trottoir.. Elles sont maintenant environs 200, 250, devant l'hôtel. Devant moi, en fait. Quelques fans ont des enceintes, et passent en boucle toutes les chansons de "leur groupe". Certaines sont en plein milieu de la rue, et les imitent. Elles rigoles, elles sont bien. Toutes les dix minutes, un petit groupe, différent à chaque fois, certes, viens me demander des information sur l'arrivée des "stars". Je n'en sait pas plus qu'elles, si ce n'est moins. La nuit commence à tomber. La pluie aussi. Pour moi, tout va bien, je vais dans le hall de l'hôtel, observant toujours dehors, au cas ou. Mais elles, elles, sont toujours dehors, avec ou sans parapluie. Aucune d'elles ne part. Elles supportent, c'est tout. Le patron de l'hôtel s'approche de moi, au bout d'environs une demie heure et me chuchote à l'oreille de retourner dehors, car le groupe va arriver dans moins de 5minutes. Je fait donc ce qu'il me dit. Deux grosses voitures s'avance dans la petite rue, les fans ont l'air de bien connaitre, en trois seconde, toutes se sont mises en ligne sur le trottoir, en sortant appareil photo et photo à faire signer. C'est drôle à voir, aucune ne bouge, aucun pied ne dépasse sur la route. Les deux voitures s'arrêtent devant la porte. Je ressent parfaitement l'excitation qui règne dans toute la rue. Sur la droite, je vois une fan bouger de la ligne, une des filles d'à coté l'attrape par le manteau, la remet à sa place, en la regardant en conséquence. Elle ne bougera plus. Je comprend alors pourquoi les deux premières filles ont tenue à être là, justement, les premières. Elles sont juste devant le premier van. Les vitres sont teintées, mais on peut apercevoir des ombres. Les deux copines font coucou, et le groupe leur rend. Ils rigolent ensemble, bien qu'ils soient séparés par une vitre. Un homme sort du deuxième van, quelques fans crient, d'autres hurlent pour leur dire de se taire. L'homme passe dans toute la rue, vérifiant que toutes les jeunes soient bien sur le trottoir, sans qu'un pied dépasse. Trois autres hommes sortent, l'un d'eux ouvre la porte de la première voiture. Mon patron arrive en courant derrière moi, me demandant de me mettre en face des fans, sur la route, pour éviter les mouvements de foules. Je m'installe donc, accompagné de collègues, sur la route. Je suis devant les deux filles de la matinée, elles me sourient, je leur rend. Les "stars" sortent, les fans ont compris, ils vont signer. En effet, le groupe se dirige vers la droite de la file, passant devant chaque fan, signant des autographes à chacune d'entre elles. Certaines pleurent, d'autres n'osent rien dire, et les deux jeunes devant moi leur disent quelques mots en allemand, aux quels ils répondent, leur donnant alors un sourire éclatant. Le groupe termine les signatures, rentrent dans l'hôtel. C'est fini pour ce soir.
Les deux jeunes filles se dirigent vers moi, me disent au revoir. A demain...
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Voyez vous, ce jour là a changer ma façon de voir les jeunes. Ils sont souvent insolant, souvent chiant, souvent pas bon à l'école, mais ils ont des rêves, et vivent grâce à eux. J'ai pu comprendre leur façon de penser en les regardant, durant une journée. Un trottoir, un hôtel, un groupe et des rêves suffisent à en rendre certains heureux.
Ils sont jeunes, et quand on est jeune, on profite.
POURKOIxMOI